Pour moi, fais défiler les visages et la rue jusqu'au prochain rade, épargne moi toute cette merde que mes yeux restent vierges. Accorde moi le salut sans contrepartie, je n'ai pas la force d'offrir quoique ce soit. En toute honnêteté, je sucerai meme pas mon abruti de boyfriend contre un whisky glace, je veux tout et tout de suite, et pour gratos. A croire qu'a force de le sucer, il me l'a filé son putain de vice, comme si le goût de la biture était une putain de MST mec.
Think back
Ce connard sait y faire avec les gonzesses. Je l'ai observé, il sait comment les faire se sentir uniques. Par exemple il te demande pas si tu veux une clope, il dit "ca te dirait de fumer une clope avec moi?" ou "et si on allait boire un verre de vin ensemble?" et c'est toujours du rouge, jamais du blanc. Ca différencie un mec cool d'un de ces connards de la rive gauche avec une mèche pourrie et un polo Fred Perry ou un tocard du 8ème qui fait des putains d'UV et des pets parfum vin blanc.
If we all fuck
Trés tôt j'ai décidé que les autres seraient des objets à manipuler, à positionner pour obtenir un résultat d'où découlerait ma satisfaction personnelle optimale. J'ai vite découvert que le charme, l'amour et l'affection aboutissent mieux que la violence. Evidemment il y a toujours un connard pour venir foutre la merde dans votre plan de génie. Romain.
Les voyageurs
Sûr que j'aurais mieux fait de ne pas rappliquer dans ce rade. Cinq ans aprés toujours les mêmes débiles avec les mêmes tronches de cul. A croire qu'ils ont pas levé le camp depuis la dernière fois que je me suis pointé ici, le paysage ne change pas, mais le temps affiche clairement son office sur la gueule de ces trouducs. J'avais cru qu'aprés l'adolescence on aurait tous plus ou moins avancé, un peu chacun dans sa direction, mais avancé quand même. Eh bien non, il faut croire que non. Ils n'ont rien trouvé de mieux à faire que reproduire à la lettre la vie ratée de leurs parents, comme si l'exemple qu'ils avaient sous les yeux ne suffisait pas pour essayer d'embrayer à la première opportunité qui se présenterait. C'est peut être qu'au final, il ne s'en présente pas beaucoup d'opportunité dans ce bled...
L'un d'eux, visage familier, ne peut pas s'empêcher de siffler quand je me lève pour commander ma vodka.
- Alors Marion, de retour au pays?
- Non je ne fais que passer, histoire de voir comment se portent mes cons de potes.
- Ah tu sais ici, rien ne change vraiment.
Ouais... ça je vois bien mon pauvre connard, je pense en le contournant.
Un deuxième de ces trouducs ne peut pas s'empêcher de venir me parler. Il me fait tout un plat que c'est si bon de me voir revenir et toutes ces merdes.
- Ouais, je réponds.
Je te call ce soir
Toute la tendresse que j'ai, je la donne aux gens, alors forcement, l'amour propre, je n'en ai pas.
Je prends les restes délavés d'une dévotion de pigments purs, qui rappelle à quel point, l'élégance coûte cher.
Que ca rassure l'ami, et fasse fuir l'amant.
Je m'en branle.
« On essaye ? » On essaye quoi ? On prend tous nos défauts, tous nos vices et toutes nos gentilles qualités, on les met dans les pipettes du couple, on secoue et on teste ce qui marche et ce qui meurt ? Combien même il m'en resterait l'envie, la vigueur n'y est plus, et je préfère encore me souvenir de toi dans mon lit et me fondre dans ce qui reste de ton odeur.
Demain, j'irai laver mes draps.
Je te rappelle, je te call, mon cœur, bisou sur ton cul, i miss u, quand j'attends juste un « ça va sinon toi ? »
Les enveloppes dessinées sur les écrans, les onlines qui clignotent dans une seringue, et les adieux qui s'évaporent avec les fêtes, ne sont pas ce que j'appelle un bon shoot. Je préfère encore fumer des clopes, jusqu'à cracher du sang clair dans la bouche d'un autre maître-chien.
De toute façon, j'ai déjà un autre amant.
Alors vous pouvez bien prendre ça pour de la faiblesse. Personne n'est étranger à ma peine. Entre forte contre, et faible parce que, je choisis le bon sens de la défaite, car le combat, ce mauvais passe-temps, ne me mène nulle part, et ne m'apporte rien. Tout cet amour, je l'ai, j'en suis pleine. Et par l'acide muqueux qui me constitue, je le transforme en amertume et en dégoût. C'est de votre faute. A tous. Parce que personne n'en a voulu. Et à moi, il ne me sert à rien d'en garder tant.
DON’T POKE ME
You are either an appalling misogynist or very poorly mannered.
In either case you are despicable and, despite the new epistolary systems, it seems unlikely that a working definition of class or dignity would have changed so much as to omit answering a phone call or an email.
The question is : do you really want to be forgiven?
My good Christian faith impels me to wipe the slate clean, and to consider anew your seemingly agreeable propositions; however my sharpened post-modern common sense forbids me to turn the other cheek if I'm in for a beating. Disfiguration has been out of fashion since the 19th century, you know, and men who continue to prove themselves through scarification are imbeciles. In 2008, no one dies of love and I will not dress myself in Scarlett's robes for your mischievous little eyes that I thought I could adore.
In any case, I belong to those who like stories, long, short, lovely or foul. First chapters make me sick and flighty trysts are of extreme disinterest to me, especially when, darling, I find I'd prefer to share breakfast with you than to watch you cum all over me.
You are a cad, and cad is cheap. Swanky comebacks disappoint me as much as dry chicken breast, which is a lot.
You'll need more than flowers and promises.
You'll need more than excuses and chocolates.
You'll have to court me.
That'll show you.
Nasty beast.
Marion (qui parle anglais pour prendre un peu de distance)
Ps : viens à la maison ce soir si tu veux
1974
"Concentrate on tension in muscles,
pain where bones meet, fleshy deformations
that occur under pressure; consider
body hair, perspiration, odors (smells).
This may become a very erotic exercise."
Bruce Nauman, 1974.
Il aura bien fallu six mois pour que je réalise l'ampleur des dégats. Pourtant le décor était planté dès le départ et l'alcoolisme de celui que je présentais à ma mère comme mon prometteur nouveau petit fiancé n'était déjà objectivement pas en voie d'amélioration le jour même de notre rencontre. Grande gueule, attitude Rock'n'roll mon cul. Bientôt 30 ans, à peine assez de charisme pour impressionner une paire de groupies qui ont franchi la majorité avant-hier. Bullshits, arnaque. Toute rancoeur mise de côté, ce petit connard n'en demeure pas moins une sacrée gachette même aprés un litre de vodka à 10 euros les 20cl, noyés sous le tonic, le mec le plus gentil et généreux sur la place de Paris. Tout timide jusqu'au troisième verre et con comme ses couilles dès le quatrième. Ca ne changera pas, je le sais profondément, mais comme dirait l'autre, "je m'en tape, je rempile".